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L’Europe de retour dans l’espace avec un nouveau lanceur de satellites

L’Europe signe son retour dans les lancements spatiaux indépendants, avec le premier vol commercial du lanceur européen Ariane 6 dont le décollage est prévu lundi à 17 h 24 CET de Kourou, en Guyane.

Depuis le retrait d’Ariane 5 en juillet 2023 et la fin du partenariat spatial de l’Europe avec la fusée russe Soyouz, l’Union européenne (UE) n’a plus la capacité de lancer des satellites militaires ou institutionnels. Mais après un essai réussi en juillet 2024, Ariane 6 pourrait bien changer la donne.

La première mission de la fusée consiste à déployer le satellite espion français CSO-3 à une altitude de 800 km. Ce satellite devrait renforcer les opérations militaires françaises dans les airs, sur mer et sur terre, tout en facilitant les efforts de secours en cas de catastrophe, comme ceux qui ont suivi le cyclone Chido à Mayotte en décembre dernier.

« Le CSO-3 nous permet de surveiller des zones que nous considérons comme sensibles ou instables. Cela signifie que nous pouvons identifier et anticiper certaines crises », a expliqué l’ingénieur général de l’armement Michel Sayegh lors d’une conférence de presse la semaine dernière, comme l’a rapporté Libération.

Ariane 6 a déjà 32 missions en prévision, dont la mise en orbite de plusieurs satellites pour la Commission européenne en 2025 : Metop-SG-A1 pour la surveillance météorologique, Sentinel-1D pour l’observation de la Terre et deux satellites de navigation Galileo, la réponse européenne au GPS.

Il a également obtenu un contrat commercial important, le lancement de 18 satellites pour la constellation Kuiper d’Amazon, le service Internet par satellite de la société américaine, dans ce qui semble être une préférence pour le lanceur européen par rapport au Falcon 9 de l’américain SpaceX.

« Jeff Bezos a développé son propre lanceur, New Glenn, qui a effectué son vol inaugural le 16 janvier, mais il reste expérimental », a indiqué Xavier Pasco, expert spatial et directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

« Cependant, le fondateur d’Amazon est impatient de se libérer de l’emprise de SpaceX pour concurrencer Elon Musk, qui contrôle actuellement environ 70 % des satellites opérationnels en orbite. »

« Les grands milliardaires de la technologie cherchent à normaliser l’espace en le transformant en une infrastructure de plus pour le transport de l’information. Ils ont aussi l’ambition de révolutionner le cloud computing (ndlr : en français, « l’informatique dans les nuages » fait référence à l’utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau) en fournissant des services sécurisés de stockage de données dans l’espace », a ajouté Xavier Pasco.

Elon Musk aura, lui aussi, les yeux rivés sur le ciel lundi, alors que SpaceX se prépare pour le deuxième vol d’essai de Starship, la plus grande fusée jamais construite, depuis Boca Chica, au Texas.

Sources : Euractiv

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