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Projets européens en Lorraine : l’association « En Route ! »

Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir l’association En Route ! (54) et la façon dont le Corps européen de solidarité leur a permis d’étendre leurs activités ! Merci à Laëtitia, Fondatrice de En Route ! et Abdelkrim, volontaire du Corps européen de solidarité.

Créé en 2022, En Route ! est spécialisée pour ses compétences en ingénierie pédagogique. Elle propose diverses activités inspirées de pédagogies alternatives visant à offrir une éducation positive aux enfants et aux jeunes adultes ayant principalement des besoins éducatifs particuliers. Elle leur permet de développer des notions de base et les incite à réfléchir à ce qui est bon pour eux, pour la société et pour l’environnement. Elle organise également des sessions de formation sur des outils pédagogiques.

En Route ! accueille un volontaire du Corps Européen de Solidarité pour faire découvrir son approche pédagogique. C’est également la raison pour laquelle Abdelkrim, professeur bénévole marocain, les a rejoints. Ils apprennent aussi beaucoup de lui, la manière d’étendre leur réseau et leur présence sur les réseaux sociaux. Que vous soyez volontaire ou hôte, le CES permet d’apprendre les uns des autres.

Interview de Laëtitia et Abdelkarim

Quelle est la vision globale de l’organisation ?

Laëtitia : Tout le monde devrait avoir accès à l’éducation. Notre volonté est de réduire les inégalités, c’est pourquoi nous créons des ateliers pour les enfants et les jeunes adultes isolés en allant à leur rencontre. Nous nous concentrons principalement sur ceux qui ont des besoins éducatifs particuliers. Nous souhaitons élargir nos interventions auprès de jeunes mineurs incarcérés où nous sommes dans l’attente d’une réponse de l’administration pénitentiaire. Notre concept s’inspire de méthodes pédagogiques alternatives, en reliant le contenu de l’apprentissage à la vie quotidienne. Nous sommes convaincues que ces approches sont bénéfiques et nous voulons en faire bénéficier le maximum de personnes. Nous voulons que les personnes soient actrices de leurs apprentissages afin de favoriser leur autonomie.

Quelle est l’histoire derrière « En Route ! » ?

Laëtitia : Je suis diplômée en Psychologie et aux Métiers de l’enseignement de l’éducation et de la formation en ingénierie pédagogique. Tout a commencé pendant ma formation aux métiers de professeurs des écoles, je questionnais beaucoup ma posture de pédagogue et j’aimais découvrir de nouvelles approches pédagogiques. En 2017, j’ai fait une mission humanitaire au Bénin, où j’ai participé à des cours d’alphabétisation menés par des enseignantes. Il y avait une communauté éloignée qui n’était pas en mesure d’envoyer ses enfants à l’école. Parallèlement, j’avais découvert une association rattachée à l’éducation nationale qui proposait l’accès au droit commun des gens du voyage, tsiganes, roms, manouches, yéniches, gitans, etc. avec un camion-salle de classe. Ces deux découvertes ont fait naître le profond désir de donner aux personnes accès à l’éducation là où ils vivent.

En quoi consiste le projet ?

Laëtitia : Nous avons 3 types d’actions éducatives et pédagogiques : l’alphabétisation de base pour favoriser l’autonomie ; la sensibilisation au vivre ensemble et à l’environnement amenant les participants à développer leurs esprits critiques. Nous proposons également de la formation auprès de professionnels et de bénévoles sur des outils pédagogiques. Nous collaborons avec des partenaires et adaptons les activités selon les besoins et les thématiques, comme une séance de cuisine végétalienne pour les enfants par exemple.

Abdelkrim :  Grâce à cela, ils se sont exercés à calculer et à suivre des instructions. Nous avions créé un magasin avec tous les ingrédients nécessaires. Ils devaient « acheter » des ingrédients dans notre magasin, comme ils le feraient dans la vie réelle.

Laëtitia : Oui cet atelier permet d’aborder beaucoup de choses. Avant et après avoir cuisiné, nous avons parlé de l’alimentation, en questionnant les participants sur leurs habitudes alimentaires. Cette conversation a permis d’aborder des différents régimes alimentaires et la raison pour laquelle des personnes choisissent un régime spécifique (éthique, écologique, foi, allergies, etc.). Notre volonté est qu’ils apprennent à réfléchir par eux-mêmes à ce qui est bon pour eux, pour les autres, pour la société et pour le monde. A travers cet atelier nous pouvons également les amener à développer leur conscience du moment présent, à débattre, à penser de manière critique et à devenir indépendants. 

Pourquoi accueillez-vous un volontaire ?

Laëtitia : Nous voulons montrer notre approche pédagogique et permettre au jeune de la découvrir et de l’apprendre. De plus, nous apprenons beaucoup du volontaire. Le dispositif CES nous permet aussi de créer de nouveaux partenariats.

Par exemple, Abdelkrim, nous apporte un regard extérieur précieux, il nous permet de découvrir le système éducatif marocain, il nous aide à élargir notre réseau, à créer de nos nouveaux contenus pédagogiques et à développer nos réseaux sociaux. Nous espérons qu’il partagera ce qu’il a développé tout au long de son volontariat, car c’est aussi une manière d’essaimer. Je pense que le monde associatif est essentiel et permet de développer énormément de compétences intra et inter personnelles.

Étant moi-même bénévole depuis 15 ans, l’engagement des jeunes est important pour la société cela leur permet d’apprendre beaucoup.

Pourquoi as-tu choisi de les rejoindre, Abdelkrim ?

Abdelkrim : J’ai une licence en anglais, mais je n’ai pas appris à enseigner et même si j’ai donné des cours gratuits dans ma ville natale et travaillé dans une école privé, je voulais vraiment améliorer mes compétences d’enseignement.

Laëtitia :  Il a entendu parler de nous lorsque nous étions au Maroc en 2023 pour aider les personnes après le tremblement de terre. Nous avons proposé des ateliers auprès d’enfants pour leur permettre de verbaliser de ce qui s’était passé et mettre des mots sur leurs émotions.

Abdelkrim : J’ai vu En Route ! organiser des activités éducatives. J’ai aimé leur façon de faire et je me suis dit : « Waouh, peut-être qu’un jour je pourrais faire quelque chose comme ça. »

Quel a été le projet qui vous a le plus marqué ?

Abdelkrim : Pour moi, c’est le projet de cuisine végétalienne, car j’ai découvert les possibilités d’enseigner différentes choses aux personnes et de les autonomiser.

Laëtitia : « Tous les projets, mais de façon générale, lorsque je fais des activités avec des jeunes, ce qui me fascine le plus c’est leur développement. Quand je peux voir dans leurs yeux qu’ils comprennent et que ce qu’ils font à du sens, c’est juste incroyable, je pourrais faire ça toute la journée rien que pour ça. »

Combien de projets avez-vous réalisés ?

Laëtitia : Nous avons mené une dizaine de projets différents. Nous nous concentrons sur le développement et l’amélioration de nos ressources pour nous concentrer sur ce qui fonctionne le mieux. C’est pourquoi cette année nous avons fait le choix de privilégier le développement interne en proposant prochainement de nouveaux ateliers. D’ailleurs, nous allons démarrer deux ateliers hebdomadaires de Français Langue Etrangère et Anglais.

Combien d’argent recevez-vous et qui vous finance ?

Laëtitia : Nos sources de financements sont multiples, par nos prestations, nous répondons à des appels à projets, aux évènements que nous organisons. Grâce aux fonds du Corps Européen de Solidarité que nous recevons de l’UE (11 120 euros) nous avons pu accueillir Abdelkrim et multiplier notre capacité d’action. Ce label nous permet aussi d’être reconnu par des partenaires potentiels et d’étendre notre réseau. 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés en tant qu’organisation ? 

Laëtitia : La plus grande difficulté reste les financements. La situation financière des associations est très difficile en ce moment.  Pour obtenir certains financements nous avons besoin d’agréments, de label, etc. et parfois il est nécessaire d’avoir un certain nombre d’années d’existence. Nous allons fêter nos 3 ans et nous aurons bientôt l’ancienneté requise pour être reconnue et bénéficier d’autres financements. De plus, nous ne sommes que des bénévoles, développer un projet associatif demande du temps, j’ai quitté mon emploi l’année dernière pour me consacrer entièrement à l’association. Nous aimerions pouvoir créer un emploi salarié afin de développer davantage nos actions sur le territoire. Nous ne sommes pas encore très connues et nous essayons d’étendre notre réseau. 

Quelles sont tes difficultés en tant que volontaire ? 

Abdelkrim : La langue est difficile, mais j’ai beaucoup appris et ça va beaucoup mieux maintenant. De plus, les Français sont sympas, mais il est difficile de se faire des amis. Au début, c’était un peu difficile à cause de la grande différence de culture, mais je me sens très bien au sein de l’organisation, j’acquiers beaucoup de nouvelles compétences, connaissances et je gagne en confiance.

Avec combien de régions/lieux travaillez-vous ?

Laëtitia : Nous partons généralement à l’étranger tous les deux ans. Pour l’instant, nous intervenons surtout autour du 54, nous devrions avoir notre camion à la fin de cette année. L’objectif final serait de faire un circuit et d’aller de région en région et à l’étranger. Le projet est ambitieux et nous sommes conscientes que cela prend du temps.

Comment les organisations peuvent-elles vous contacter ?

Laëtitia : Via notre compte Facebook, Association En Route, et notre adresse e-mail, contact@enroute.education. Nous nous présentons également lors de certains événements où les personnes peuvent venir nous voir, nous souhaitons développer notre présence sur les réseaux sociaux prochainement.

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