L’Allemagne prend la présidence du Conseil de l’UE

Dès le 1er juillet, l’Allemagne succédera à la Croatie et prendra la présidence du Conseil de l’Union européenne pour six mois. L’agenda s’annonce très chargée pour la Présidence. Tour d’horizon.

Qu’est ce que le Conseil de l’UE?

Le Conseil de l’UE ou Conseil des ministres, c’est l’institution qui réunit les ministres nationaux (par exemple les 27 ministres nationaux de l’agriculture) pour adopter la législation européenne et coordonner les politiques.

Quel est le rôle de la présidence du conseil de l’UE ?

La présidence de l’UE joue un rôle de médiateur pour forger des compromis entre les 27 États membres ainsi qu’entre les institutions européennes : le Conseil des ministres, la Commission européenne et le Parlement européen. L’État membre qui assure la présidence semestrielle fixe l’agenda du Conseil de l’UE et dirige toutes les réunions. Les ministres compétents président les conseils ministériels. La présidence a pour rôle de donner une impulsion politique aux travaux législatifs du Conseil.

En quoi sa présidence est différente des autres institutions de l’UE ?

Le Conseil de l’UE n’est pas dirigé par un président permanent (contrairement à la Commission ou au Parlement où les deux présidents sont élus pour 5 ans), mais par le pays qui assure la présidence du Conseil, qui change tous les six mois. Les réunions des chefs de gouvernement et celles des ministres des Affaires étrangères ont une présidence fixe.

Quels sont les avantages de cette présidence tournante ?

Elle permet de « responsabiliser » et de donner plus de pouvoir aux plus petits états membres. Il s’agit ainsi de ne pas se laisser distancer, de ne pas laisser le couple franco-allemand ou même les pays fondateurs imprimer, seuls, une direction à l’Europe. Chacun partage la responsabilité tour à tour. Enfin, cela donne l’occasion de parler davantage d’Europe dans les médias locaux !

Quelles vont être les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’UE ?

Elles sont nombreuses tant la période est charnière pour l’Europe! La présidence allemande prône la relocalisation de la production en Europe des équipements de protection et des médicaments. Elle souhaite aussi évaluer les instruments mis en place pour gérer la crise.

Un des premiers points à l’agenda, qui sera sans doute le plus délicat est la négociation budgétaire sur le cadre-financier pluri-annuel (CFP) et le plan de relance « next Generation EU ». qui y est adossé. Loin de faire consensus parmi les Etats membres, la présidence allemande devra réussir à aboutir à un accord sur ces deux points.

Quelle est la position allemande sur les deux priorités de l’UE: une Europe plus verte et une Europe plus intelligente ?

L’Allemagne souhaite préserver la compétitivité de l’Europe pendant la crise et garantir sa souveraineté numérique en « mettant en place une infrastructure numérique européenne performante, souveraine et résistante ».

La présidence allemande souhaite également mettre en place de nouvelles taxes européennes: sur les transactions financières ou encore une taxe numérique pour les GAFA.

Sur les questions climatiques, l’Allemagne souhaite parvenir à définir une position commune au Conseil de l’UE sur la stratégie en faveur de la biodiversité et sur la loi climat, pour pouvoir donner le coup d’envoi à ces deux politiques.

Qu’en est-il pour ce qui est du nouvel élan pour la démocratie, une autre des priorités de la Commission européenne?

La présidence allemande devra lancer la conférence sur l’avenir de l’Europe dès l’automne. L’Allemagne espère que « que le Conseil, la Commission et le Parlement européen trouveront rapidement un accord sur la structure et le mandat de la conférence ».

Qu’en est-il de la politique migratoire et de la politique étrangère?

En matière d’immigration, l’Allemagne souhaite réformer le régime d’asile européen commun (RAEC).

L’Allemagne veut « œuvrer pour une plus grande réciprocité dans tous les domaines politiques » et « établir des conditions de concurrence plus équitables » avec l’État chinois, par exemple dans le cadre de l’accord bilatéral d’investissement.
Pour ce qui est du Royaume-Uni, la présidence allemande souhaite établir « une relation équilibrée entre droits et obligations, et des conditions de concurrence équitables ».
Pour ce qui est des États-Unis, la présidence allemande souhaite renforcer la coopération avec ceux-ci.

Retrouvez le programme de la présidence allemande du Conseil de l’UE sur le site dédié.

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