Projets européens en Lorraine : 5×4 des écoles sur le chemin du développement durable

Les Centres d’Information EUROPE DIRECT de Lorraine partent régulièrement à la rencontre des porteurs de projets européens du territoire. En plus de notre brochure Trait d’Union européenne, nous vous proposons maintenant de les découvrir en interview et en infographie ! Aujourd’hui, direction l’école d’Ancerville, en Meuse, pour en savoir plus sur le projet ERASMUS+ auquel les élèves ont participé.

Interview avec Christelle Barrier, professeure à l’école primaire « Les Chevreuils »

Pour cette interview, nous avons le plaisir d’accueillir Christelle Barrier, professeure à l’école primaire « Les Chevreuils » d’Ancerville (55), pour en savoir plus sur le projet ERASMUS+ dans lequel ses élèves et elle se sont engagés avec une grande motivation !

  •  Pouvez-vous nous présenter votre projet en quelques mots ?

L’école primaire « Les Chevreuils » d’Ancerville a participé au projet ERASMUS+ « 5×4 des écoles sur le chemin du développement durable », piloté par le collège de notre commune. Nous avions trois autres établissements scolaires partenaires à travers l’Europe, en Ecosse (Royaume-Uni), au Portugal et en Roumanie.  Nous avons travaillé et échangé sur quatre objectifs de développement (ODD) tout au long du projet, d’où le titre du projet : « 5 écoles x 4 ODD ».

Avant et pendant chaque rencontre dans un pays partenaire, les élèves travaillaient et approfondissaient leurs connaissances sur un de ces quatre ODD :

  • L’ODD 14 sur la vie aquatique, était le sujet de l’Ecosse,
  • L’ODD 12 sur la consommation et la production locale, était le sujet de la France,
  • L’ODD 3 sur la santé et le bien-être, était celui du Portugal,
  • L’ODD 4 sur l’éducation de qualité était celui de la Roumanie.
  • Quel était le programme et l’objectif de vos rencontres ?

Nous avons pu réaliser quatre rencontres d’une semaine ! Le programme d’activités était très riche : travail à l’école, activités sportives, rencontres avec des professionnels, visites touristiques, sorties culturelles, etc…

Lors de la première rencontre, en mars 2019, nous sommes allés en Ecosse, mais seulement avec les collégiens. Nous avons assisté à une conférence sur les plastiques dans les océans. Nous nous sommes baladés au bord de mer en ramassant les déchets qu’on trouvait. Nous y avons aussi et collecté de l’eau de mer afin d’y observer les microplastiques présents. Des étudiants de l’Université d’Edimbourg nous ont aidé à réaliser cette observation scientifique. On peut aussi ajouter que nous avons aussi fait une soirée curling !

En juin 2019, nous avons accueilli nos partenaires à Ancerville. Le sujet de cette rencontre était la consommation et la production locale, alors nous avons visité le site d’Ecurey où les élèves ont cuisiné un gâteau aux orties. Dans la semaine, ils ont aussi pu faire du savon et du film alimentaire en cire d’abeille. Nous avons également organisé une foire aux dons avec les parents de l’école et du collège. Cela a permis de créer du lien et d’inclure plus de monde dans le projet. Et nous avons visité Paris, bien sûr !

En novembre 2019, nous nous sommes rendus au Portugal. C’était génial ! En amont de la rencontre, les élèves ont travaillé sur un menu typique de leur pays. Sur place, ils ont pu en apprendre plus sur le régime méditerranéen et sur l’importance du sommeil par exemple. Ils ont rencontré un boulanger, un nutritionniste, une infirmière.

Et enfin, en mars 2020, nous aurions dû aller en Roumanie. A cause de la crise sanitaire, cette dernière rencontre a été repoussée à l’automne 2020 et finalement transformée en mobilité virtuelle.

  • Comment se passe une mobilité virtuelle ?

Cette mobilité virtuelle a duré une semaine. Nos classes se retrouvaient tous les jours en visioconférence pendant 1h30. On a par exemple assisté à un cours de français donné en Roumanie. En plus des visios, les élèves ont travaillé sur la notion de tolérance. Chaque classe a rédigé un décalogue sur la tolérance. Puis les élèves ont voté pour les dix phrases les plus importantes dans tous les décalogues. Elles formeront ainsi le décalogue du projet.

  • Dans quelle langue avez-vous échangé ?

La langue du projet était le français mais les élèves ont aussi communiqué en anglais entre eux ou en s’aidant de leur téléphone.

  • Combien d’élèves ont participé aux rencontres ?

A chaque rencontre, ce sont onze élèves différents par pays qui se déplaçaient et représentaient leur école. Pour Ancerville, comme nous étions deux établissements participants, nous avons choisi d’emmener sept élèves du collège et quatre élèves de CM2. Ils devenaient donc les Ambassadeurs de leur classe pendant la rencontre. Mais toute la classe préparait les rencontres en amont en travaillant sur les ODD.

  • Qu’est-ce que le projet a apporté aux élèves ?

Le projet a eu de nombreux bénéfices pour toute la classe, l’école et même pour les parents d’élèves. Les élèves ont pu apprendre à connaître d’autres pays, d’autres traditions tout en se rendant compte que les enfants écossais, portugais et roumains se posaient les mêmes questions qu’eux, qu’ils partageaient les mêmes intérêts et les mêmes aspirations.

Les élèves ambassadeurs ont beaucoup appris en découvrant un nouvel environnement et de nouvelles coutumes, en prenant l’avion, en passant du temps avec des gens qu’ils ne connaissaient pas avant, en travaillant avec des enfants d’autres nationalités.

Au retour, on a vu que leur confiance en eux grandissait. Ils avaient très envie de partager leur expérience et de parler de leurs préjugés qu’ils avaient avant de partir et qui avaient complétement disparu au retour (notamment la peur de voyager ou la peur des autres qui sont différents de nous). En véritables ambassadeurs, ils incitaient les autres élèves à faire partie de la prochaine mobilité et effectivement j’ai eu de nombreuses demandes pour la mobilité suivante qui était la Roumanie.

Un autre aspect bénéfique vient du fait qu’on participe à ce projet avec le collège de secteur de notre école. Donc les élèves de CM2 peuvent échanger avec les collégiens qu’ils fréquenteront l’année suivante et ils pourront continuer à participer au projet au collège !

  • Quel a été l’impact de votre projet auprès de votre territoire ?

Les élèves présentaient leur voyage à toute la classe à leur retour mais ils ont aussi pu partager leur expérience lors d’une projection publique que nous avons organisée pour l’inauguration de notre label EUROSCOL*. Les familles, les représentants de l’Education nationale, les élus et les journalistes locaux ont pu découvrir leur diaporama. Les élèves ambassadeurs ont pu également rassurer leurs parents qui pouvaient être inquiets sur le fait qu’ils partent à l’étranger.

  • Comment l’idée de ce projet vous est-elle venue ?

Le collège d’Ancerville m’a proposé de participer à leur prochain projet ERASMUS+. A cette époque, ils avaient déjà mené plusieurs projets ERASMUS avec leurs partenaires européens. Mais ces établissements accueillaient des élèves de toutes les tranches d’âges, pas seulement des élèves de niveau collège.

Je connaissais déjà l’un des établissements partenaires en Ecosse. J’y avais effectué une mobilité en 2013 grâce au projet MIRABEEL mené par la DAREIC du Rectorat de l’Académie Nancy-Metz*. J’y suis allée pendant une semaine pour observer les méthodes de travail d’une enseignante écossaise. Elle est ensuite venue dans mon établissement et nous avons gardé des contacts professionnels et personnels. Alors j’ai accepté la proposition du collège car elle permettait aux élèves de participer à un projet européen de manière plus active !

  • Quels financements avez-vous mobilisés ?

C’est le programme ERASMUS+ qui a financé notre projet. Au total, le projet a reçu 138 252 € pour les cinq établissements partenaires. Notre école a bénéficié de 17.000€ de subventions. Les frais de déplacement vers nos partenaires ont pu ainsi être pris totalement en charge ainsi que les frais pédagogiques et des sorties pour toute la classe en amont des rencontres.

  • Comment se sont passées les démarches concrètement ?

Ce projet a été piloté par le collège d’Ancerville qui avait déjà mené des projets ERASMUS+. Plus précisément, Mme Amblès, qui enseigne au collège, est la correspondante de la DAREIC en Meuse. Elle a coordonné le dépôt du projet pour l’ensemble des partenaires. Chaque établissement partenaire a contribué à la rédaction du dossier, qui s’est faite en français. Le dossier de notre premier projet a été déposé au printemps 2018 et faisait environ 80 pages. Le deuxième dossier que nous avons déposé pour la période 2020-2022 faisait lui presque 200 pages. 

  • Comment avez-vous trouvé vos partenaires ?

Le collège d’Ancerville a trouvé nos partenaires grâce au portail E-Twinning.

  • Avez-vous un conseil à donner aux enseignants souhaitant construire un projet ERASMUS+ ?

Pour commencer, il est important de bien s’entourer et se rapprocher de porteurs de projets qui ont de l’expérience.

  • Comment s’articule un tel échange ERASMUS+ avec le programme scolaire ?

Les thématiques que nous avons retenues pour le projet sont toutes au programme du cycle 3 [des élèves de CM1/CM2]. Le projet constitue un fil rouge sur toute l’année. Pour les élèves, le projet donne aussi du sens à l’envie d’apprendre l’anglais pour communiquer. En plus, les visites et les rencontres que nous faisons dans chaque pays sont très enrichissantes. Ça permet d’acquérir plein de connaissances !

  • Allez-vous participer ou mener d’autres projets européens avec vos élèves ?

Oui, nous avons déposé un nouveau projet pour 2021 et 2022 avec nos partenaires roumains et écossais ainsi qu’avec un établissement grec. Ce projet s’appelle « 5 x 5 des écoles engagées pour les ODD ». Nous travaillerons sur cinq nouveaux ODD.

Nous aurions dû partir en Roumanie en mars 2021 et en Ecosse en juin 2021. Mais ces mobilités sont reportées. Nous maintenons nos échanges à distance en réunissant toutes les classes partenaires en visio-conférence une fois par mois, à l’occasion des Journées internationales liées aux thématiques de nos ODD. Et en ce moment, nous sommes en plein concours pour le logo du projet. Dans tous les établissements partenaires, les élèves ont dessiné un logo. Le vote, lancé sur Facebook et dans l’école, permettra d’en retenir trois puis le choix sera fait ensuite entre les 4 pays partenaires.

Nous vous remercions pour cette interview et vous souhaitons un très beau projet avec vos élèves et vos partenaires ! Nous croisons aussi les doigts pour votre candidature au Prix Hippocrène 2021!

* DAREIC : Délégation académique aux relations européennes et internationales, et à la coopération.

* EUROSCOL est un label attribué par l’Education nationale aux écoles engagées pour développer les connaissances de leurs élèves sur l’Europe en mettant en place des parcours européens ou en participant à des échanges interculturels par exemple.

L’interview a été réalisée par téléphone le 26 février 2021. Le texte ci-dessus n’est pas une retranscription mais une synthèse structurée des échanges.


Infographie du projet lorrain la Boussole – la médiathèque intercommunale

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