Projets européens en Lorraine : brasserie artisanale The Piggy Brewing Company

Les Centres d’Information EUROPE DIRECT de Lorraine partent régulièrement à la rencontre des porteurs de projets européens du territoire. En plus de notre brochure Trait d’Union européenne, nous vous proposons maintenant de les découvrir en interview et en infographie ! Aujourd’hui, direction la brasserie artisanale The Piggy Brewing Company à Liverdun !

Entretien avec Lorenzo Gamba, de The Piggy Brewing Company (brasserie artisanale) à Liverdun

  • Pour commencer est-ce que tu peux te présenter brièvement, ainsi que ton parcours et ton travail ? 

La boîte s’appelle Piggy Brewing Company. On a créé ça à trois associés, Romain, Pierrot et moi, il y a presque 5 ans. On est une brasserie artisanale, on crée des bières éphémères qu’on fabrique et qu’on vend un peu partout en Europe et en France.

  • Éphémères, c’est-à-dire ?

C’est-à-dire qu’on n’utilise jamais les mêmes recettes.

  • Vous faites quoi plutôt comme type de bière, plutôt des brunes, des blondes ou un peu de tout ?

Un peu de tout !  On fait pas mal de bières houblonnées, ce sont des bières blondes très aromatiques, le houblon va apporter des notes d’agrumes, de fruits exotiques avec beaucoup de variantes différentes parce qu’il existe plusieurs sortes de houblon différents. Et après nous on s’amuse aussi avec des malts qui peuvent apporter différentes textures, différents goûts… Des bières qui peuvent être légères en alcool ou fortes en alcool de 1 à 14 degrés, mais aussi des bières acidulées avec des fruits mais pas du tout sucrées – on est vraiment sur la fraîcheur, sur le fruit. Ce sont des bières qui plaisent pas mal aussi. Et on a une troisième catégorie, une grande famille de bières, c’est les bières noires, ce qu’on appelle les stout, qui peuvent être légères ou fortes et dans lesquelles on va infuser des produits comme du café, de la vanille, peu importe on s’amuse ! Dans le houblon on peut aussi faire infuser du poivre de Sichuan, du safran etc. Il n’y a pas de limite dans la créativité, on s’amuse à créer toujours de nouvelles recettes. 

J’ai dit qu’on ne faisait que des bières éphémères mais on a quand même 4 bières permanentes, qui sont des bières de “soif” qui sont là en permanence.

  • Et d’où vous est venue l’idée de monter ça ?

Cela remonte à une petite dizaine d’années. On appelle ça les bières craft. Cela se différencie un tout petit peu de la bière artisanale, parce qu’on est à la fois une brasserie artisanale avec une approche plutôt contemporaine des recettes versus plutôt une approche plus traditionnelle, avec plutôt des blanches, des ambrées, des noires, des rousses que tout le monde connaît. Nous on revisite et on pousse un peu la créativité des recettes. Pour l’histoire, on a découvert ça il y a une petite dizaine d’années dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie, et ça n’existait vraiment pas en France. Pour s’en procurer, c’était vraiment compliqué. Et donc on a décidé d’en brasser nous même, pour nous et nos copains. Puis après quelques années, on avait de plus en plus de copains ! 

Et tous les trois on avait envie de faire autre chose, on en avait un peu marre de nos jobs respectifs. Et on se dit « pourquoi pas lancer une boîte, une brasserie carrément ». Il y a des bars en France qui se lancent sur ce concept-là, qui sont demandeurs, et puis effectivement, ça a tout de suite pris ! 

  • J’allais te demander justement, vous distribuez plutôt dans les bars ou dans les grandes surfaces ? Les deux ? En France, à l’étranger ? En Lorraine ?

C’est quand même un marché de « niche » sur lequel on est avec cette fameuse bière craft dont je te parlais. Ça reste une niche, en très forte croissance, mais une niche quand même. Par ailleurs, il faut savoir que ce sont des produits assez chers aussi, donc pas forcément des produits destinés à la grande surface. Ce sont des produits qui vont être redistribués en épicerie fine ou de plus en plus dans des bars spécialisés, souvent cela ne va pas être dans le bar du coin, ou la cave du coin. Tout simplement parce que les produits sont différents en termes de goût et en termes de prix, donc ça ne s’adresse pas forcément au grand public. Même s’il y a de plus en plus de monde qui s’y met !

  • Et sur place, vous en vendez ? 

De la vente sur place ? Oui on en fait un peu, aux gens qui passent.

  • Et combien de temps ça vous a pris à peu près de monter ce projet ? Entre le moment où l’idée à émerger et le moment où cela s’est réalisé de manière concrète ?

Ça a pris deux ans et demi.

  • Vous avez eu du mal à trouver le terrain, le local ? Les financements ?

Du mal ? Pas forcément. On est passé par une agence immobilière qui nous a aidé à trouver ce bâtiment-là, même si au départ on voulait être à Nancy. Ils nous ont appelé un jour en nous disant qu’ils avaient quelque chose à nous proposer à Liverdun. On était un peu réticent à l’idée mais en arrivant sur place, on a vu ce bâtiment de 7 mètres sous plafond, ce grand cube de 1300 mètres carrés, et puis aussi au prix du mètre carré à Liverdun, et on se dit « bon c’est quand même intéressant ». Donc, ça a été plutôt facile à trouver.

Et les financements… Oui ce n’était pas évident. On s’est financé avec des investisseurs en capital, des banques pour des emprunts et des subventions. C’est vrai que ça demande pas mal de travail à chaque fois pour monter les dossiers présentés etc. Mais finalement on a quand même bien réussi !

  • D’accord, et en termes de subvention, vous avez des subventions du Conseil Départemental, de la Région, de l’Union européenne ?

De la région et de l’Union européenne. 

  • Et comment avez-vous eu connaissance des financements européens ? Parce que souvent ce sont des financements qui ne sont pas très connus.

On a fouillé. Je suis quelqu’un de très curieux.

  • Et comment se sont passées les démarches pour les financements de l’Union européenne ?

Si je me souviens bien j’ai été fouiller sur les sites internet et puis après j’ai rempli le dossier de subvention.

  • C’était via le FEDER, le Fonds Européen de Développement Régional ?

On en a eu deux. On a eu du FEDER et du FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural) en ce moment. C’est à peu près la même chose mais le FEADER est un peu plus orienté agroalimentaire.

  • Et est-ce que vous avez rencontré certaines difficultés ? Parce que c’est quelque chose qui est souvent reproché au financement européen, la difficulté de monter des dossiers européens.

Les difficultés, non, pas plus que cela. Oui, ce sont des dossiers qui sont assez lourds à mettre en place, c’est assez chronophage, mais des difficultés à proprement parler non vraiment pas.

  • Donc, vous recommanderiez ?

Oui ! Complètement ! Et d’ailleurs, après notre première subvention, ils nous avaient demandé de témoigner dans le journal de l‘Est Républicain parce qu’il n’y a pas assez d’entrepreneurs qui font les démarches pour obtenir des subventions européennes.

  • C’est aussi le but des entretiens que nous menons pour justement valoriser les financements européens et les projets qui en découlent. 

Je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de personnes qui s’intéressent à ça. Alors peut-être qu’ils ne vont pas fouiller au bon endroit et, je ne sais pas mais c’est dommage.

  • Le cofinancement était à hauteur de combien ?

C’est un pourcentage de l’enveloppe d’investissement. Par exemple, pour celui qu’on a actuellement, ça représentait au maximum 20 % de l’enveloppe globale d’investissement. Il me semble même 30 % parce que vu qu’on crée des emplois, on a le droit à davantage d’aides.

  • Est-ce que vous pensez que votre projet a un impact sur le territoire ? Est-ce que vous avez, selon vous, répondu à une demande ?

En local ? Non pas vraiment d’impact. On a plutôt vocation à être une entreprise qui distribue partout en France et qui exporte un peu à l’étranger, donc plutôt un impact sur le plan national et européen.

  • Et est-ce que certaines régions sont plus demandeuses que d’autres de vos produits ?

Oui, nos bières se vendent beaucoup dans les centres urbains. On remarque que ce ne sont pas les régions auxquelles on pense qui sont les plus demandeuses de nos bières, les régions qui de manière traditionnelle consomment de la bière donc le Nord et le Nord Est ne sont pas du tout nos premiers demandeurs. Alors peut-être que c’est parce qu’ils ont déjà une culture bière, ils sont peut-être plus habitués à boire des bières de styles belge et allemand. On vend beaucoup plus à Paris, même à Rennes, Bordeaux, Nantes, Montpellier, qui ne sont pas des régions de bière à la base. À Marseille il y a deux trois bars qui vont ouvrir juste après le confinement, dès qu’ils pourront, ultra spécialisés, mais il n’y en avait pas avant. Et eux sont intéressés par nos bières. Dans le Sud, ça commence doucement.

  • Dernière question, est-ce que vous auriez éventuellement des conseils pour les personnes qui seraient intéressées pour obtenir des financements européens ?

Alors c’est sûr qu’il faut de l’investissement, cela demande du temps, c’est très chronophage. Mais clairement, nous ça nous a beaucoup aidé, on a gagné au moins deux à trois ans de notre développement. Là par exemple on a une ligne de conditionnement en canette en alu, le marché demande beaucoup cela en ce moment et sans cette aide là, on ne l’aurait pas encore.

  • C’est parfait pour moi, merci beaucoup.

Merci à toi, au plaisir !

L’interview a été réalisée par téléphone. Le texte ci-dessus n’est pas une retranscription mais une synthèse structurée des échanges.


Infographie Piggy Brewing Company – Brasserie artisanale de Liverdun


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