Projets européens en Lorraine: 10 minutes pour une vie

Vos deux centres EUROPE DIRECT de Lorraine partent tous les mois à la rencontre des porteurs de projets européens du territoire. Ce mois-ci, on vous propose de découvrir le projet “10 minutes pour une vie”, porté par l’Association des Premiers Répondants de Moselle.

Découvrez l’interview de Frédéric Leybold, infirmier en CHR, sapeur-pompier et moniteur de secourisme et à l’initiative du projet « 10 minutes pour sauver une vie »

Parlez-moi de votre association.

L’Association Française des Premiers Répondants de Moselle (AFPR) a été créée en 2016. Elle est née de la volonté commune de professionnels de santé d’augmenter les chances de survie de personnes en arrêt cardiaque. C’est en observant les pratiques des pays voisins que l’idée est venue de créer en Moselle un réseau de premier répondant.

L’objectif est de sauver des vies en comprimant le temps de réponse entre l’alerte des secours et le début d’une réanimation cardio-pulmonaire.

« Chaque minute sans réanimation cardio-pulmonaire fait perdre 10 % de chance de survie à la victime. » Et lorsqu’on sait qu’en cas de crise cardiaque, il faut en moyenne 13 minutes aux services de secours pour intervenir, il fallait trouver une solution pour permettre d’intervenir plus rapidement. Et l’ampleur de la tâche est grande et les enjeux de taille quand on sait qu’en France, « les arrêts cardiaques représentent 50 000 décès par an, soit 150 décès par jour », comme le rapporte l’AFPR.

« Aujourd’hui il existe des applications pour tout, je me disais qu’il serait bien qu’il y en ait une pour trouver l’ange gardien qui va nous sauver la vie. » témoigne Frédéric Leybold.

Quels étaient les prérequis pour que le projet puisse voir le jour ?

Le projet s’appuie sur deux ressources essentielles : l’humain, à travers la constitution d’un réseau de secouristes bénévoles et d’un réseau de secouristes professionnels, tous deux prêts à intervenir dès qu’une personne qui est en arrêt cardiaque est signalé à proximité. Pour assurer la meilleure prise en charge possible et renforcer les capacités et compétences des secouristes bénévoles, ces derniers bénéficient d’une formation annuelle délivrée par l’association. Le projet s’appuie aussi sur les nouvelles technologies et l’application « 10 minutes pour une vie » qui permet une intervention plus rapide.

Quand a été lancée cette application ?

L’application a été lancée le 1er octobre 2018.

Comment fonctionne-t-elle ?

Dès qu’un arrêt cardiaque est signalé au Centre de Traitement de l’Alerte du 18 ou du 15, l’application géolocalise les Premiers Répondants à proximité et leur envoie une alerte afin de leur demander s’ils sont disponibles ou non. Une fois que le Premier Répondant valide sa disponibilité, l’application le guide jusqu’au lieu de l’arrêt cardiaque où il pourra débuter un massage cardiaque. Et si un défibrillateur public se trouve à proximité, l’application le guidera jusqu’à celui-ci.

Sur quels territoires l’application est-elle aujourd’hui disponible ?

Nous sommes actuellement présents sur 3 territoires : la Moselle, la Marne depuis 2021 et prochainement les Vosges.

Où êtes-vous aujourd’hui ? Combien de secouristes sont aujourd’hui recensée dans votre association ?

L’association rassemble aujourd’hui un réseau de 3000 secouristes. 500 interventions ont été réalisées et 40 cœurs repartis grâce aux secouristes bénévoles et à l’application. Au départ, l’AFPR de Moselle rassemblait uniquement des bénévoles et compte désormais 2 salariés et 3 alternants.

A quelle hauteur l’Union européenne a-t-elle cofinancé ce projet ? Sans la contribution de l’UE, ce projet aurait-il pu voir le jour ?

Le soutien de l’UE à travers le Fonds Européen de Développement Economique Régional (FEDER) a été essentiel pour la création de l’application de base et la mise en place de ce projet. L’Union européenne a couvert près de 60% des coûts du projet soit près de 37 597€. Une première demande de fonds européens FEDER a été instruite en 2018 et depuis, deux nouvelles demandes ont été déposées car l’application a été développée sur d’autres territoires. Comme le souligne Frédéric Leybold, il a fallu investir dans la recherche et le développement avec des fonctionnalités améliorées pour la géolocalisation, un tchat pour l’envoie d’information comme les recommandations d’interventions en période de crise sanitaire. L’application est raccordée aux sapeurs-pompiers SAMU, ce qui occasionne également des frais. Et aujourd’hui, dans la Marne, l’application n’est plus seulement utilisée pour les arrêts cardiaques.

Quels sont les autre cofinanceurs du projet ?

Parmi les soutiens du projet, on recense de nombreuses banques : Crédit Mutuel, Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, AG2R la Mondiale, Malakoff.

Quels sont les partenaires du projet ?

Ils sont nombreux : réseaux de secouristes, le Samu, les institutions comme les Conseils Départementaux et l’Agence Régionale de Santé et les Communautés de Commune par le biais desquels se met en place toute la communication et le recrutement de secouristes bénévoles.

Quelles sont les perspectives ? / Quels sont les besoins recensés aujourd’hui ?

Nous souhaitons désormais proposer des panneaux connectés. Ces panneaux, placés au-dessus des défibrillateurs et munis d’un gyrophare et d’un QR code permettrait une localisation plus rapide et un délai d’intervention réduit / une utilisation simplifiée. Une troisième demande de fonds européens a été instruite pour le déploiement de 100 panneaux connectés dans des communes, dont 50 en Moselle. Cette innovation qui a été breveté et pourrait doubler les chances de survie.

Comment vous faites-vous connaître aujourd’hui ?

Nous travaillons avec les Communautés de commune, qui constituent des relais d’information. Nous travaillons aussi actuellement avec le SAMU et les institutions locales et régionales pour mettre en place un mois des Premiers Répondants, pour permettre de communiquer largement. Celui-ci devrait se tenir au mois de mars et permettra de former et recruter de nouveaux secouristes bénévoles et faire connaître l’application.

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