Retour sur le ciné-débat du 20 mars avec la députée européenne Nathalie Colin-Oesterlé

Le centre EUROPE DIRECT Territoires Lorrains a organisé, en partenariat avec l’institution de la Salle à Metz, un ciné-débat autour du film « La Voix d’Aïda », PRIX LUX du Public 2022, le lundi 20 mars. Suite à la projection du film, les élèves de l’établissement ont pu échangé avec la députée européenne, Mme Nathalie Colin-Oesterlé, membre du Parti Populaire Européen (PPE).

La députée européenne a commencé son discours en rappelant aux élèves le contexte historique du début/de la première étape de l’invasion injustifiée de l’Ukraine par la Russie, qui a démarré avec l’invasion de la Crimée en 2014 et la volonté de la Russie de garder sous son giron les anciens satellites de l’Union Soviétique séduit par les valeurs de paix véhiculées par l’Union Européenne. Une résolution temporaire de ce conflit avait été entamée avec les accords de Minsk signés par l’Ukraine, la Russie, la France et l’Allemagne en 2015. 

L’Union européenne de la défense est-elle en construction ? « A l’heure actuelle, celle-ci n’existe pas »-a-telle déclarée. La guerre a rappelé l’importance de l’OTAN et de l’alliance européenne et des États-Unis. s. Ce conflit a débouché sur une réflexion sur nos capacités de défense et face au manque de stocks d’armes, il y a eu une augmentation de la production et du stockage d’armes. Certains Etats membres ont décidé d’approvisionner unilatéralement des armes (chars…) à l’Ukraine comme l’Allemagne, la Pologne ou encore la République Tchèque. « L’Union européenne est néanmoins attentive à ne pas entrer en cobelligérance, l’Union européenne n’est pas en guerre. » a rappelé la députée européenne.

Quel soutien faut-il apporter à l’Ukraine ? Faut-il dialoguer avec Poutine ? Suite au massacre de Boutcha, les Etats-Unis n’ont plus souhaité discuter avec Poutine. La position française est plutôt celle de « dialoguer n’est pas capituler ».

Nathalie Colin-Osterlé est ensuite revenue sur les 10 grandes dates de ce conflit :

  • Le 21 février, quand la Russie a reconnu l’indépendance de deux territoires Donietsk et Ludansk et a violé l’intégrité territoriale de l’Ukraine
  • Le 23 février, l’Union européenne a adopté ses premières sanctions envers la Russie, notamment en appliquant des sanctions aux banques russes (qui permettent le financement de cette guerre)
  • Le 24 février, début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie
  • Le 25 février, l’UE adopte un premier paquet de sanctions envers la Russie
  • Le 28 février, dépôt de la candidature à l’UE de l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie – Le Parlement européen pousse pour que cela aille plus vite, il y a urgence (dans une recommandation du 23 novembre 2022)
  •  Le 18 mai dépôt de candidatures de plusieurs pays européens à l’OTAN
  • Lae 23 novembre 2022, le Parlement européen adopte une résolution dans laquelle la Russie est déclarée comme « état promoteur du terrorisme »
  • Le 9 février 2023, intervention du Président ukrainien, Zelenski au Parlement européen
  • Le 17 février 2023, livraison d’avions de chasse par plusieurs pays européens

« Nous sommes arrivés au bout des sanctions à l’encontre de la Russie et les efforts s’orientent principalement vers le soutien de l’Ukraine. » a-t-elle déclaré.

Où en est-on aujourd’hui ?

Le nombre de pertes côté ukrainiens est estimé à plus de 100 000 personnes (blessés et morts).

A combien se chiffre et comment se matérialise le soutien de l’UE à l’Ukraine ?

Le soutien de l’UE à l’Ukraine s’élève à près de 50 milliards d’euros au total depuis le début de cette guerre. Cela se traduit par une aide militaire (l’achat et la livraison d’armes mais aussi la formation de soldats ukrainiens sur 2 ans avec l’objectif de former plus de 15 000 soldats), une aide humanitaire mais aussi la mise en place de couloirs de solidarité pour permettre à l’Ukraine de continuer d’exporter sa production agricole, cela se traduit aussi par la mise en place de centres d’évacuation sanitaires pour déporter les blessés et personnes malades. L’Union européenne a également octroyé un statut de protection temporaire aux réfugiés ukrainiens, ce statut leur permet notamment de travailler, de se former et d’obtenir des aides sociales au logement. A l’heure actuelle, la moitié des réfugiés accueillis dans l’UE se trouvent en Allemagne et en Pologne. Au total ce sont plus de 14 millions d’ukrainiens qui ont fui leur pays dont 4 millions sont restés dans l’UE (47% des réfugiés ukrainiens sont des femmes, 69% des enfants accueillis ont moins de 13 ans et représentent 1/5 des enfants ukrainiens).

Que fait Metz et l’Eurométropole ?

La Ville et l’Eurométropole de Metz ont collecté des dons avec l’association locale Echanges Lorraine-Ukraine. Elle a mis disposition des moyens pour aider les familles (traduction…). Elle a procédé au jumelage avec la ville ukrainienne de tchernivtsi. Au total 300 personnes ont été accueillies et les enfants scolarisés.

« En attaquant l’Ukraine, on attaque l’Europe . La propagande du Kremlin décrit l’Occident comme des « nazis ». C’est une attaque faite à notre civilisation. » a-t-elle soulignée.

Les élèves ont pu poser de nombreuses questions à la députée :

  • Quelle place occupe ce conflit dans les discussions et travaux du Parlement européen ? Comment s’organise le travail sur les autres priorités de l’UE ?

Nathalie Colin-Oesterlé est revenue sur le rôle des différentes commissions du Parlement européen, chaque député.e siège au sein de 2/3 commissions, ce qui permet de suivre les dossier et se « spécialiser ». « Nous passons 3 semaines en commission de travail à Bruxelles et nous réunissons également avec nos groupes politiques pour décider du vote sur les textes qui seront présentés en session plénière (tous les mois à Strasbourg). »

  • Qatargate : quel est aujourd’hui l’influence des pays-tiers en Europe et comment l’empêcher ?

« Le lobbying n’est pas un gros mot. Quand on est député européen, on ne maîtrise pas tous les sujets donc il est important de rencontrer les lobbyistes. Ce qui est criminel c’est la corruption. Il faut être encore plus rigoureux. Le registre de transparence au niveau européen est déjà un bon outil et il est bien plus contraignant qu’au niveau national. »

  • Qu’en est-il des contrats passés entre la Commission européenne et les compagnies pharmaceutiques sur les vaccins ?

« J’ai demandé à voir les contrats (mais certaines informations clés comme les tarifs, quantités et délais de livraison étaient biffés), même si toutes les informations ne peuvent être rendues publiques, pour celles-ci, c’est un manque de transparence. Nous ne donnons pas de blanc-seing à la Commission européenne. Nous n’accordons pas de décharge à la Commission européenne, précisément pour cette raison. »

  • L’UE ne s’approvisionne plus en gaz auprès de la Russie mais auprès de l’Azerbaïdjan (qui n’est pas non plus un modèle de démocratie), n’est-elle pas hypocrite ?

« Nous avons interpellé la Commission européenne à ce sujet. »



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