Vos deux centres EUROPE DIRECT de Lorraine partent tous les mois à la rencontre des porteurs de projets européens ou ayant bénéficié des fonds européens sur le territoire. Ce mois-ci, nous vous proposons de vous rendre à Blâmont (54) chez l’association Lorraine Energies Renouvelables, à l’initiative de la création du réseau GECLER.
Interview de Manon GOURIET, Chargée de mission au sein de l’association
Quelles sont les missions de l’association LER pour le réseau GECLER ?
Nos missions sont multiples, nous informons et sensibilisons le grand public sur les projets d’énergie renouvelable (réunion d’information, ciné-débat, ateliers énergie citoyenne), accompagnons l’émergence de nouveaux projets (trouver un noyau de personnes motivées et bénévoles pour créer un collectif citoyen que nous pourrions accompagner tout au long de leur projet sur les aspects juridiques, financiers et des formations), mettons en réseau les acteurs de l’énergie citoyenne (webinaire, retours d’expérience des collectifs citoyens, professionnels de filières techniques). Pour résumer, nous animons, sensibilisons, accompagnons et mettons en réseau.
Quel est le processus de création du réseau GECLER ?
L’association intervient dans la construction de ce réseau comme étant une boîte à outils sur les aspects du soutien administratif, de soutien technique sur leurs animations, de communications et de rassemblement autour du projet.
L’association LER débute donc par des réunions avec les communes pour sensibiliser au concept et aux enjeux entourant “l’énergie citoyenne”. L’idée initiale du projet provient de la mairie, par exemple pour l’installation d’un panneau solaire sur le toit d’une école. La mairie entre ensuite en contact avec la chargée de mission qui, à son tour, doit se montrer convaincante sur le projet auprès des locaux qui souhaitent y contribuer. Pour ce faire, une chargée de communication diffuse le projet, que les citoyens bénévoles vont consulter, puis ceux-ci vont contacter la chargée de mission pour organiser une première réunion d’information. S’ils souhaitent s’engager, l’association les aide à se former en société de projet, puis en société coopérative prévue pour durer tout au long de la réalisation du projet. Une société peut contenir entre 10 et 30 personnes.
Il y a actuellement 30 projets en Lorraine, 5 dans les Vosges et 1 en Meuse.
Qu’est-ce que “l’énergie citoyenne” ?
Cette expression signifie que les citoyens s’engagent dans un projet portant sur l’énergie renouvelable, participant à la transition énergétique dans les territoires. L’idée est de passer par un collectif de citoyens locaux pour développer les énergies renouvelables sur le territoire. Cela représente cependant un certain défi de mise en pratique.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans vos missions de soutien au réseau GECLER ?
Les difficultés concernent surtout la mobilisation des bénévoles. Sur certains événements de sensibilisation que nous faisons, nous constatons que les personnes se déplacent peu. L’étape la plus compliquée est donc celle de la création du collectif jusqu’à leur formation en une société coopérative, puisque ce processus repose en grande partie sur la motivation des bénévoles.
Aussi, les projets demandent une certaine technicité, ce qui demande aux bénévoles de consacrer beaucoup de temps sur les projets avec notamment des compétences pour le foncier, la gestion des devis. Les personnes qui s’engagent sont motivées, mais il arrive que le travail repose sur une seule personne. Les projets d’énergie citoyenne témoignent donc d’une certaine complexité qui peut avoir raison de leur pérennité.
Quelles sont les retombées que vous identifiez sur ce projet ?
Les retombées sont d’une part économique, avec un retour de 2.5 euros pour 1 euro investi, les projets menés sont donc vertueux. Elles sont également environnementales et sociales puisque le réseau GECLER permet de travailler en collectif et, à travers la sensibilisation à la transition énergétique, des techniciens se mobilisent pour acter la transition énergétique à échelle territoriale, dont les résultats sont quantifiables.
Qu’est-ce que le fonds européen FEDER a permis de financer ?
Le fonds a permis de financer la création de mon poste et ainsi que les interventions dans les départements de l’Aube et de la Haute-Marne (zones d’absence de projet).
Interview menée par Mathilde LELIEVRE (stagiaire au sein de l’association CRISTEEL)

