Résultats des élections en Europe, en Grand Est et en Lorraine, le récapitulatif!

On commence avec une bonne nouvelle ! On observe un taux de participation en hausse en France à près de 50,12% contre 42,43% en 2014. Un taux de participation qui n’avait pas été atteint depuis les élections européennes de 1994 (52,71%) !

Quels sont les scores des principaux partis au niveau national ?

Le Rassemblement National (RN) a récolté 23,3% des suffrages (en léger recul par rapport aux scores d’il y a 5 ans), La République En Marche (LREM) n’est pas loin derrière avec 22,4% des suffrages, les Verts arrivent en troisième position avec 13,5%, Les Républicains (LR) arrivent en 4ème position avec 8,5% des suffrages et enfin La France Insoumise (LFI) avec 6,3% des suffrages et 6,2% pour Parti Socialiste (PS).

Qu’en est-il dans le Grand Est ?

C’est le RN est arrivé en tête dans le Grand Est (dans tous les départements, exception faite du Bas-Rhin) avec 28,21% des suffrages (et donc bien au-dessus de la moyenne nationale), suivi de LREM avec 20,60% des voix et des Verts avec 11,95% des voix. (LR 8,60%, LFI 5,12%, PS 4,94%, Debout la France 4,74%).

Et en Lorraine ?

Là-aussi on observe une forte hausse de la participation dans l’ensemble des départements de Lorraine : +17,09 points en Meurthe-et-Moselle, +18,01 points en Meuse, + 17,76 points en Moselle et +13,43 points dans les Vosges. Le RN est arrivé en tête dans l’ensemble des départements avec le plus haut score enregistré en Meuse où il a obtenu 34,09% des suffrages.

Comment interpréter ce résultat ?

C’est un très haut score pour le RN sur l’ensemble du Grand Est et de la Lorraine et on ne peut donc pas s’en réjouir. Mais ce score est à nuancer tout de même, pour plusieurs raisons, ce vote est aussi et sans doute surtout un vote « sanction » contre le gouvernement plutôt qu’un véritable rejet de l’Europe (et c’est le cas dans plusieurs Etats membres où ce scrutin électoral était plutôt un scrutin national et sur des sujets liés à l’actualité nationale plutôt qu’européenne). Pour preuve, aucun de ces partis d’extrême droite n’évoque aujourd’hui le souhait d’abandonner la monnaie unique ou de quitter l’Union européenne. Autre aspect important à prendre en compte, il faut observer l’ensemble de l’échiquier politique pour s’apercevoir que ce score du RN est à mettre en perspective car les forces pro-européennes confondues ont obtenu la majorité des suffrages.

Quelle va être la réponse à apporter face à cette hausse du vote pour les souverainistes et nationalistes ?

On observe aussi que les perdants de la « mondialisation » et notamment les territoires les plus enclavés votent plus facilement pour la droite radicale. Il s’agira donc pour ce nouveau Parlement européen de traiter en priorité les questions économiques et sociales (et environnementales car elles sont liées) et notamment la réduction des écarts de développement entre les pays européens.

Qu’en est-il des résultats de ces élections au niveau européen ?

Déjà côté participation le taux pour ces élections est « le plus élevé en 20 ans », avec un taux de participation de près de 51% pour les 27 pays de l’UE, sans le Royaume-Uni ! Là-aussi, il y a donc du mieux et cela renforce la légitimité de ce Parlement européen!

A quoi va ressembler le nouveau Parlement européen ?

Il sera bien entendu différent du précédent. A noter que les députés conservateurs/la droite membres du Parti Populaire Européen sont arrivés en tête avec 180 députés (en tête en Roumanie, en Autriche, en Allemagne, en Irlande et en Grèce), mais il perd tout de même 41 sièges par rapport à 2014 (en recul notamment en Italie, en Espagne et en France), un résultat qui est donc contrasté pour la droite conservatrice.

Quel est le deuxième plus grand parti à siéger au sein du Parlement européen ?

Il s’agit du parti Socialistes et Démocrates (en tête en Espagne et au Portugal) mais en fort recul par rapport à 2014 (en déclin en France, en Allemagne ou encore en Italie) avec 146 députés (contre 190 sièges en 2014). On observe donc que les deux grands partis traditionnels ont perdu un nombre important de sièges et ensemble ne permettent pas d’obtenir une majorité au Parlement européen comme c’était le cas précédemment (376 députés sont nécessaires).

Qui en a profité ?

Le parti centriste des Libéraux et Démocrates (ALDE) a gagné des sièges (avec une montée en Grande Bretagne, en France, au Danemark et en Tchéquie) avec 109 députés et devient ainsi la troisième force politique (il comptait 67 députés en 2014 – c’est le parti que LREM va rejoindre). Les écologistes vont également en profiter avec 69 députés (très bons scores en Allemagne et en Finlande) – (il comptait 50 députés en 2014). Là-aussi ces groupes politiques vont avoir un rôle important et pivot ! Ils pourront faire basculer les votes.

Qu’en est-il de l’extrême droite ?

Il y a une poussée des partis nationalistes, souverainistes et d’extrême-droite. Elle est arrivée en tête en France, en Italie (parti de La Ligue conduite par Matteo Salvini), en Hongrie et qui a obtenu de bons résultats en Autriche et en Suède (mais également en Belgique, en Allemagne et en Pologne). L’extrême droite pourrait alors rassembler 115 députés (et rassemblerait deux groupe politiques sous un même parti, l’actuel parti Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe où siège Nigel Farage et les 29 élus de son parti « Brexit » et le groupe politique Europe des Nations et des Libertés où siège les élus du Rassemblement National). A noter que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ramènerait à 90 le nombre d’élus d’extrême droite.

Qu’en est-il de la gauche radicale et autres partis minoritaires comme les listes gilets jaunes ou encore Frexit?

On note une baisse de la gauche radicale (G.U.E) en France, en Grèce et en Allemagne. Et on peut le dire ces élections ont été la défaite des partisans de la sortie de l’UE.

Ce Parlement européen sera donc encore pro-européen ?

Oui ! Et ça on peut tout de même s’en réjouir car au total, les forces pro-européennes devraient compter pour plus de 73% des élus au Parlement européen et devraient donc être en mesure de faire avancer l’Europe ! Mais à noter que la majorité du futur parlement européen ne sera plus sur deux pieds (P.P.E. et socialistes) car ils ne totalisent plus que 325 sièges sur 751 et devront donc travailler avec les Verts ou les Libéraux formant la troisième composante nécessaire pour obtenir un accord sur chaque texte.

Qu’en est-il des britanniques ?

Eh bien, il faut rappeler que les élections européennes n’étaient pas prévues au Royaume-Uni, qui aurait dû avoir quitté le bloc d’ici là. Elles se sont donc évidemment transformées en deuxième référendum. Et, on peut le dire, les résultats des européennes au Royaume-Uni est un match nul. 35 % des électeurs ont soutenu le parti du Brexit ou UKIP, tous deux en faveur d’un Brexit dur, mais 35 % ont voté pour les Libéraux démocrates, les Verts ou Change UK, qui ont tous trois fait campagne contre le Brexit. Autre chiffre : seuls 39% des britanniques sont allés voter (contre 35,6% en 2014). Et puis, les britanniques devraient quitter l’UE au 31 octobre 2019…

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