Résultat des élections européennes – acte II

Après le débrief des élections européennes en Lorraine, en Grand Est et en Europe, nous vous proposons de revenir sur l’actualité européenne qui a suivi les élections et notamment la question des partis politiques au sein du Parlement européen et l’éventuelle constitution d’un parti unique regroupant un nombre important de parlementaires d’extrême-droite.

Combien de députés européens siègeront au Parlement européen ?

751 députés européens siègeront au Parlement européen jusqu’au départ du Royaume-Uni de l’UE, où ils ne devraient n’être plus que 705.

Justement, quelle sera la proportion de députés d’extrême-droite ?

Les partis d’extrême-droite ont obtenu 175 sièges et voient ainsi leur représentation au Parlement européen bondir de 20%. Mais ils ne siègeront pas ensemble comme l’avait souhaité Marine Lepen et Matteo Salvini !

L’extrême droite européenne a lancé un nouveau groupe au Parlement européen, le groupe qui s’appelait jusque-là « Europe des Nations et des Libertés » s’appelle désormais « Identité et Démocratie ». Ce parti qui regroupe les élus essentiellement issus de la liste Rassemblement National, les élus issus de la Ligue de Matteo Salvini, du Vlaams Belang belge, de l’AfD en Allemagne et du FPO Autrichien va réunir 73 députés européens et sera présidé par l’Italien Marco Zani (La Ligue).

Qu’est-ce que ça signifie ?

Ce groupe sera tout de même deux fois plus important que le précédent groupe qui siégeait au Parlement européen et qui comptait 36 députés. Il sera donc le cinquième groupe de l’hémicycle européen. En cas de Brexit, il pourrait compter un nombre plus important de députés que le groupe des Verts.

Mais c’est tout de même moins que prévu ?

Oui, les élus d’extrême-droite n’ont pas réussi à constituer un super groupe politique. Ils n’ont pas réussi à attirer les 29 élus britanniques issu du parti « Brexit » de Nigel Farage. Un supergroupe qui aurait pu dépasser les socialistes et devenir le deuxième d’Europe, ce qui aurait constitué un danger immédiat pour l’UE.

Comment cela s’explique-t-il ?

Nous vous invitons à lire l’article consacré sur le blog de Jean Quatremer, journaliste de Libération à Bruxelles qui propose un résumé intéressant : cela s’explique par « l’incapacité de ces partis à se rapprocher au-delà d’un certain seuil, leur propre nature nationaliste les rendant allergiques à toute idée d’union. Incarnant les divisions historiques de l’Europe, la plupart de ces partis préfèrent avancer seuls. ». Il explique d’ailleurs que « LesEspagnols de Vox, nostalgiques de Franco, pourraient apporter leur soutien à Salvini. Mais ils trouvent imbuvable de siéger aux côtés du Vlaams Belang, un parti sympathisant avec les indépendantistes catalans. » Enfin « Le PiS (parti d’extrême droite polonais) ne souhaite pas fréquenter les “russophiles” que sont Marine Le Pen et Matteo Salvini. ».

Quels sont les autres changements au sein des groupes politiques au Parlement européen ?

On vient de parler du groupe d’extrême-droite mais ce ne sont pas les seuls à avoir changé de nom au Parlement européen. Le groupe politique centriste qu’ont rejoint au Parlement européen les élus français de la liste « Renaissance » a été rebaptisé « Renew Europe », un nom qui ne contient plus le mot libéral à la demande de ces derniers.

Quels sont les partis politiques qui composent ce nouveau groupe « Renew Europe » ?

Ce nouveau groupe est bâti sur les bases de celui de « l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) », présidé par l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Quel sera le poids de ce parti au niveau européen ?

Il constituera le troisième groupe dans l’hémicycle derrière celui des conservateurs du Parti Populaire Européen (PPE, droite) et des sociaux-démocrates (S&D).

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